Comment nourrir un cheval de compétition ?

Nourrir des chevaux de sport et de compétition peut être un véritable parcours du combattant. Heureusement, il existe des spécialistes qui partent follement à la recherche d'informations scientifiques et les testent constamment dans la pratique. Lizzie Drury, nutritionniste de Saracen Horse Feeds, en fait partie. Chaque jour, elle aide les meilleurs cavaliers tels que Harrie Smolders et Charlotte Dujardin à composer la ration parfaite. Dans cet article, elle vous donne une foule de conseils pour nourrir de manière optimale votre cheval de compétition.

Les besoins nutritifs d’un équidé varie d’un cheval à l’autre. De nombreux facteurs entrent en compte : son poids, sa condition, la discipline dans laquelle il est sollicité (l’endurance, le jumping, le concours complet, le dressage, …), son environnement de vie, les exigences équestres, etc. Cependant, indépendamment de toutes ces variations, les chevaux de sport ont un point commun : ils s’entraînent et concourent dans diverses conditions stressantes. Ces conditions peuvent nuire à la bonne santé et aux performances des chevaux. Par conséquent, il existe d'importantes stratégies de nutrition et de gestion d’environnement qui peuvent être mises en œuvre pour atténuer bon nombre de ces inconvénients, quel que soit le niveau auquel le cheval concours.
 

Photo: Philippe Oursel

La Base

  • Dans tous les cas, les fibres doivent toujours être à la base de l’alimentation d’un cheval. Trop souvent oubliées, les fibres sont pourtant capitales. Un cheval qui manque de fibres présentera des risques d’ulcères, de mastication de bois, d’irritabilité, de perte de poids, de crottins mous. Pour des chevaux de sport, il est actuellement recommandé de donner au moins 1,5% de leur poids corporel (PC) de fourrage par jour. L'idéal est même un apport proche de 2% de la masse corporelle, et même un peu plus si vous donnez du foin sec.
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  • Prenez régulièrement note du poids et du condition physique de votre cheval. Vous pourrez ainsi déterminer son poids optimal et ses besoins nutritionnels pour l’atteindre, ce qui lui permettra d’optimiser ses performances sportives.
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  • De nombreuses firmes proposent maintenant d’analyser les apports nutritionnels de votre foin pour un coût modique. Ce procédé peut être utile si vous avez besoin d’établir un programme alimentaire précis, basé sur la valeur nutritive de chaque aliment. Je vous conseille de peser grossièrement vos doses de foin, ainsi que les restes éventuels si vos chevaux ne consomment pas tout. Vous pourrez alors définir leurs besoins propres, et déterminer l’apport nutritionnel réel de vos fibres. Ce conseil est aussi adapté pour régler un problème de perte d’état, ou de crottins mous.
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  • Certaines disciplines exigent un apport presque continu en fourrage, par exemple en endurance. En effet, la recherche a montré que les régimes riches en fibres permettaient une meilleure absorption d'eau. De plus, les fibres présentes le long du côlon retiennent l'eau et les électrolytes, aidant à lutter contre la déshydratation.
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  • Le moment où vous distribuez l’alimentation est aussi à prendre en compte. Pour réduire les risques d’ulcères et assurer une bonne récupération par le sommeil, vous pouvez vous baser sur le ratio 80 : 20. Il est préférable de donner 80 % de l’alimentation durant la journée, et 20 % de la nuit. Il est juste important de ne pas administrer d’aliments concentrés 4 à 5 heures avant un effort physique important, afin que les taux de glycémie et d’insuline soient revenus à leurs valeurs de base lors de la performance, ainsi qu’en amont ou en aval d’un long voyage. Par contre, donner de petites quantités de foin ou un court temps de pâturage avant un effort ne semble pas nuire aux performances physiques du cheval, et permet de conserver facilement un poids de forme optimisé.

Le sel et des autres supplements  

  • Outre en termes d’eau et d’énergie, le corps des chevaux est également très gourmand en consommation de selEn plus d'un programme nutritionnel approprié de reconstitution des électrolytes, une pierre à lécher doit être fournie et au moins 200 à 300 grammes de sel doivent être ajoutés à la ration par jour. Cette dose peut être augmentée si les températures grimpent ou si le travail s’intensifie.
  • Maintenir un bon taux d’électrolytes est aussi une part essentielle de la nutrition du cheval de sport, car les électrolytes jouent un rôle important dans le maintien de la pression osmotique, de l’équilibre hydrique, et de l’activité nerveuse et musculaire. Lorsque le cheval transpire, durant un exercice par exemple, il perd une grande partie du sodium, du potassium et du chlorure présents dans son organisme. La perte de  ces électrolytes entraîne une fatigue et une faiblesse musculaire, ainsi qu’une sensation de soif moins rapide, ce qui peut mener à la déshydratation. Il est donc important de complémenter les chevaux de sport avec des électrolytes lors d’exercices intenses ou d’entraînement prolongé. Toutefois, ces électrolytes sont souvent mal utilisés ; il est capital que les chevaux aient accès à une eau potable non complétée avec des électrolytes lors d’une cure. De même, si le cheval refuse de boire l’eau complémentée, il est inutile d’administrer les électrolytes sous forme d’une pâte ou dans des compléments. Pour obtenir un programme de compléments d’électrolytes correct et optimiser les performances de votre cheval, mieux vaut contacter votre vétérinaire ou nutritionniste.
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  • Voyager et prendre part à des compétitions peut empêcher les chevaux d’êtres nourris pendant une période plus longue qu’habituellement. Ceci conduit à une accumulation d’acide gastrique, et augmente le risque d’ulcères, ce qui provoque des douleurs et nuit aux performances du cheval. Pour limiter ces risques, laissez votre cheval brouter régulièrement ou fournissez lui un filet à foin rempli afin de stimuler sa production de salive. Vous pouvez aussi administrer de la luzerne, un antiacide naturellement avec une haute teneur en calcium. Par exemple, donner un repas de luzerne 1/2 heure avant un entraînement permettra d’augmenter la capacité « tampon » de l’estomac et limiter les risques d’ulcères liés au stress éventuel de l’exercice physique. La luzerne aidera aussi à compenser la perte de calcium entraînée par le phénomène de transpiration, et les protéines permettront d’aider au renouvellement cellulaire et à la réparation des tissus et des muscles sollicités.
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  • En voyage, arrêtez-vous régulièrement pour abreuver votre cheval. Si ce dernier éprouve des difficultés pour s’hydrater lors des transports, essayez de lui donner de l’eau aromatisée, ou une betterave sucrière imbibée d’eau. Trouvez la méthode qui lui convient le mieux à l’écurie, afin de l’appliquer lors des voyages. Un cheval bien hydraté est un cheval plus performant, et une bonne hydratation lui assure une meilleure récupération en terme de fatigue. Si votre cheval boit peu, penchez-vous sur son alimentation. Celle-ci doit être de bonne qualité. Par exemple, un cheval a tendance à boire dans l’heure qui suit un repas de foin.

Si vous quittez l’écurie pendant plusieurs jours avec votre cheval, il est intéressant de le complémenter pour maintenir son système immunitaire au mieux de sa forme. Des suppléments naturels de vitamine E, tels que Nano E ™, peuvent être administrés 3 jours avant le voyage, pendant les compétitions et pendant 3 jours après le voyage. La vitamine E contribue abondamment au bien-être du cheval, et Nano E ™ participe à la bonne santé des fonctions immunitaires, cardiovasculaires et circulatoires, grâce à ses propriétés antioxydantes. La source la plus courante de vitamine E utilisée dans les aliments et les compléments alimentaires est l'acétate synthétique de dl-alpha tocophéryle. La vitamine E synthétique n'est pas aussi biologiquement puissante que la vitamine E naturelle : des recherches ont montré que le corps transporte et absorbe de préférence la vitamine E naturelle vers les tissus, soutenant ainsi la fonction immunitaire et réduisant le degré de douleur musculaire.  

     
  • L’huile est souvent utilisée dans l’alimentation des chevaux. Utile pour rendre le poil brillant, elle augmente aussi la densité calorique d’un régime alimentaire, sans pour autant gonfler la quantité de concentrés à administrer. L’huile fournit aussi des acides gras essentiels, comme l’acide linoléique, et augmente la résistance et l’endurance du cheval. L’huile de soja et l’huile végétale sont des suppléments populaires qui peuvent être ajoutées par quantité maximale de 450ml/jour. Il n’est pas recommandé d’intégrer trop d’huile à l’alimentation du cheval : non digérée, elle est nocive pour le gros intestin et interfère dans la bonne digestion des fibres. De plus, un repas trop « gras » peut manquer d’appétence aux yeux de l’équidé. Augmenter l’apport en huile exige aussi de complémenter le cheval en vitamine E, afin d’offrir une protection en antioxydants supplémentaire. Contacter un nutritionniste peut vous être utile, afin de vérifier que l’alimentation du cheval reste équilibrée, même si en règle générale, pour chaque portion de 100ml d’huile rajoutée à la ration, on ajoute 100 IU (Unité Internationale) de vitamine E.

  • Des études ont illustré qu’un repas de floconnés avant une session d’exercice aidait à maintenir l’irrigation sanguine du système digestif, ce qui évite que cette irrigation se fasse de façon intensive après l’effort, et aggrave des éventuelles inflammations ou ulcères.

Régimes alimentaires  

  • De plus en plus de régimes alimentaires sont disponibles pour des chevaux de compétition, selon leur profil ou leur discipline. par exemple, le performance Enduro pour les chevaux d'endurance ou de concours complet, ou Re-Leve pour les chevaux au tempérament irritable, aux problèmes digestifs ou aux myopathies musculaires. Pour l'entraînement intensif, comme la course, le saut, et le dressage de haut niveau, l'aliment devra mettre davantage l'accent sur l'apport d'énergie à partir d'ingrédients à base d'amidon tels que l'avoine et l'orge, que l’on retrouve dans le Saracen Competition Fit Mix. Pour l’endurance, le Trec ou le cross, il y aura une plus grande dépendance aux sources de fibres digestibles, telles que les coquilles de soja, la betterave à sucre et l'huile. Ceux-ci doivent être en équilibre avec suffisamment de grains et d'amidons pour garantir que les réserves de glycogène musculaire restent reconstituées.

  • La nourriture est formulée pour fournir au cheval une nutrition optimale lorsqu'elle est administrée dans la quantité recommandée. Assurez-vous de peser les aliments pour garantir un apport correct. Si les niveaux doivent être ajustés pour aider à gérer l'état corporel, utilisez un équilibreur tel que Competition Fit Balancer ou Essential Balancer pour fournir des vitamines et des minéraux adéquats et des antioxydants importants tels que la vitamine E et le sélénium.  
  • Pour des chevaux au tempérament irritable, on dirige généralement vers des concentrés à base de fibres digestibles comme les coquilles de soja, la luzerne et la betterave sucrière (comme pour le Saracen Re-Leve ou Show Improver Pencils). L’énergie est libérée lentement, ce qui occupe les chevaux plus facilement sous pression ou sensible à l’ennui. Pour vous assurer que votre cheval reçoit toutes les vitamines et les minéraux nécessaires, assurez-vous d’administrer les quantités de concentrés recommandées par le fabricant.
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  • Pour les chevaux calmes ou dont l’alimentation est simple à gérer au quotidien, les régimes traditionnels de performance comme le Saracen Show Improver Mix ou l’Enduro 100 offriront la légèreté et la puissance nécessaire au cheval pour briller lors des réunions sportives, sans pour autant le rendre difficile ou sous tension. Ces aliments contiennent de multiples céréales comme l’orge, le maïs, etc., qui sont micronisés afin d’optimiser leur digestion et leur impact énergétique. Si les repas à base de céréales sont administrés en quantité raisonnable, et pas sur un ou deux gros repas, les chevaux les digèrent efficacement, sans développer des problèmes de digestion ou de comportement. En règle générale, la taille du repas concentré ne doit pas dépasser 2,0 kg pour un cheval et 1,0 kg pour un poney.
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  • Si votre cheval prend du poids simplement en regardant son sac de grains, ou s’il est sujet aux fourbures, les quantités d’alimentation recommandées peuvent être trop caloriques. Pour éviter des problèmes comme l’obésité, choisissez plutôt des équilibreurs hypocaloriques tels que le Stamm 30, qui fournissent tous les oligo-éléments nécessaires et des protéines très qualitatives, sans pour autant être trop caloriques. 
  

De l'eau, des fibres, alimentation échelonnée et respect des quantités

Indépendamment de votre niveau sportif, rappelez-vous qu’il est important de fournir de l’eau et des fibres, ainsi qu’une alimentation échelonnée sur base du poids de votre cheval.

N’hésitez pas à vous tourner vers un nutritionniste ou un vétérinaire pour répondre aux besoins nutritifs plus spécifiques de votre cheval.

Vous souhaitez des conseils nutritifs personnalisés ? Poser quelques questions ? Contactez la nutritionniste Lizzie Drury, de Saracen Horse Feeds, par l’intermédiaire du distributeur de Saracen en Belgique, Ignace Loootvoet tingnnahce@looboatvolety.abne.

Source : Saracen Horse Feed

   
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